Le remboursement des cures thermales par la Sécurité sociale se joue dans les prochains jours : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 arrive au Sénat le 9 novembre, avec dans ses annexes un transfert de 200 millions d’euros de prise en charge vers les complémentaires santé. À Aix-les-Bains, où les thermes de Marlioz accueillent chaque année des curistes venus soigner leurs articulations et leurs voies respiratoires, la mesure inquiète patients comme professionnels.
Plan de l'article
Ce que prévoit le texte contesté #
Le projet initial du PLFSS 2027, présenté le 1er octobre, ne touchait pas aux cures. Le 8 octobre, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a pourtant annoncé un transfert de 200 millions d’euros de prise en charge des cures thermales vers les complémentaires santé, inscrit à l’annexe 5 du texte, comme le détaille Officiel Thermalisme.
Aujourd’hui, une cure prescrite par un médecin et comportant 18 jours de traitements effectifs est remboursée à 65 % pour les soins et à 70 % pour la pratique médicale. Demain, cette part basculerait vers les mutuelles, sans garantie qu’elles la couvrent : le forfait soins des cures ne figure pas parmi les garanties minimales des contrats responsables, a relevé le rapporteur du texte à l’Assemblée, Thibault Bazin.
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À Aix-les-Bains, des curistes déjà hésitants #
Au Domaine de Marlioz, qui reçoit environ 1 500 curistes par an dont près de 90 % pris en charge par l’Assurance maladie, le directeur Florian Hugonet a fait le calcul pour France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : « on serait aux alentours de 600 euros qui seraient à la charge du curiste » pour trois semaines de cure.
Selon lui, de nouveaux curistes ont appelé la même semaine pour savoir s’ils seraient encore remboursés. L’an dernier déjà, une menace similaire avait entraîné des annulations à Marlioz. Pour les patients qui enchaînent cure, kinésithérapie et séances d’ostéopathie dans leur parcours contre les douleurs chroniques, un reste à charge de ce niveau peut faire renoncer à tout un pan du traitement.
Plus de 60 sénateurs montent au créneau #
Le 28 octobre, plus de 60 sénateurs de droite, de gauche et du centre, issus de 42 départements thermaux, ont adressé un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu. La motion, portée par Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme, formule deux demandes : renoncer à la mesure tant que la Haute Autorité de santé n’a pas rendu ses conclusions sur le service médical rendu des cures, et recevoir une délégation de parlementaires accompagnée de patients et de professionnels.
La sénatrice de l’Ardèche Anne Ventalon résume l’enjeu : « Aucun patient ne devrait renoncer à un traitement pour des raisons financières. » Sa collègue des Pyrénées-Atlantiques Denise Saint-Pé rappelle que l’avis de la HAS n’est pas attendu avant 2027 et que le poste concerné pèse environ 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie.
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Un calendrier serré au Sénat #
L’Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du PLFSS 2027 le 23 octobre, ce qui a interrompu l’examen avant la partie dépenses. Le texte a donc été transmis au Sénat dans sa version initiale. Les sénateurs l’examinent à partir du 9 novembre, pour un vote solennel prévu le 18 novembre.
D’ici là, les élus attendent une réponse du Premier ministre, espérée autour du 4 novembre. La mesure n’est pas adoptée à ce stade : le Sénat peut l’amender, et le sort final du remboursement dépendra de la suite de la navette parlementaire.
Ce que cela changerait pour les patients du bassin aixois #
Aix-les-Bains vit au rythme de ses deux établissements thermaux, et beaucoup de patients suivis en cabinet pour des lombalgies, de l’arthrose ou des suites de rééducation complètent leur prise en charge par une cure conventionnée. Si le transfert est voté en l’état, le niveau de couverture dépendra du contrat de chaque mutuelle.
Le conseil pratique, en attendant l’issue du débat : vérifier dès maintenant ce que votre complémentaire prévoit pour le forfait thermal, et ne pas annuler une cure déjà prescrite sur la seule foi des annonces. Les cures de 2026 restent remboursées aux conditions actuelles, et rien ne changera avant l’adoption définitive du budget de la Sécurité sociale.
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Questions fréquentes #
Le remboursement des cures thermales est-il déjà supprimé ?
Non. Le PLFSS 2027 prévoit un transfert de 200 millions d’euros vers les complémentaires santé, mais le texte n’est pas adopté. Le Sénat l’examine à partir du 9 novembre, avec un vote solennel le 18 novembre.
Combien coûterait une cure sans prise en charge de la Sécurité sociale ?
Selon le directeur du Domaine de Marlioz à Aix-les-Bains, le reste à charge serait d’environ 600 euros pour trois semaines de cure si la Sécurité sociale se désengageait.
Les mutuelles devront-elles obligatoirement rembourser les cures ?
Rien ne les y oblige aujourd’hui : le forfait soins des cures thermales ne figure pas parmi les garanties minimales des contrats responsables. La couverture dépendrait donc du contrat de chaque assuré.
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