Les consultations d’ostéopathie pourraient ne plus être prises en charge par une partie des mutuelles si le budget de la Sécurité sociale pour 2027 pousse les complémentaires vers des contrats recentrés sur les soins remboursés : c’est l’alerte lancée cette semaine par la fédération Ostéopathes de France.
- Ostéopathes de France craint que les mutuelles retirent l’ostéopathie de leurs garanties.
- La piste en cause : des contrats « essentiels » centrés sur les soins remboursés par l’Assurance maladie.
- Rien n’est acté : le PLFSS 2027, rejeté par les députés le 23 octobre, arrive au Sénat le 9 novembre.
Plan de l'article
Pourquoi les ostéopathes s’inquiètent-ils maintenant ? #
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre. Son ambition affichée est de ramener le déficit de la Sécu de 21,8 à 12,7 milliards d’euros, en limitant la hausse des dépenses de l’Assurance maladie.
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Parmi les leviers discutés figure une nouvelle répartition des prises en charge entre le régime obligatoire et les complémentaires santé. Plusieurs rapports d’experts évoquent la création de contrats dits « essentiels », dont le panier serait recentré sur les prestations déjà remboursées par l’Assurance maladie.
C’est là que le bât blesse pour la profession. Comme le rapporte Presse Agence, qui relaie la position de la fédération, des mutuelles soucieuses de garder des tarifs attractifs pourraient alors réduire, voire supprimer, des garanties aujourd’hui proposées, comme l’ostéopathie.
Que change une mutuelle pour une séance d’ostéopathie ? #
La consultation d’ostéopathie n’est pas remboursée par l’Assurance maladie obligatoire. Pour la plupart des patients, la seule prise en charge possible vient donc de leur complémentaire, sous forme d’un forfait annuel ou d’un nombre de séances couvertes.
Si cette garantie disparaît, le reste à charge devient total. Ostéopathes de France redoute que de nombreuses personnes renoncent alors à consulter pour des raisons financières, et défend le maintien de l’ostéopathie dans les contrats pour que l’accès à ces soins ne dépende pas des moyens de chacun.
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Pour les patients qui consultent régulièrement pour un mal de dos, des douleurs cervicales ou une récupération après un effort, la question est très concrète. Le plus simple reste de relire dès maintenant le tableau de garanties de son contrat, à la ligne « médecines douces » ou « ostéopathie ».
Où en est le budget de la Sécu ? #
Le parcours parlementaire a pris un tour inattendu. Le vendredi 23 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté la partie « recettes » du texte par 115 voix contre 1, selon LCP. Faute de recettes votées, les députés n’ont pas pu examiner les dépenses.
Le texte part donc au Sénat dans sa version initiale, celle du gouvernement. Les sénateurs l’examineront en séance à partir du 9 novembre, précise la Banque des Territoires. Au fil des votes à l’Assemblée, le déficit prévu avait été porté virtuellement à 24 milliards d’euros, a déploré le ministre des Comptes publics, David Amiel.
Autrement dit, aucune décision n’est prise sur les contrats de mutuelle. La fédération le reconnaît elle-même : il s’agit d’un risque, pas d’une mesure votée. Mais la pression sur les complémentaires est réelle, et leurs choix de garanties pour 2027 se préparent dès maintenant.
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Comment la profession se mobilise-t-elle ? #
Ostéopathes de France, principale organisation socioprofessionnelle du secteur, créée en 1981 et forte de près de 1 200 adhérents, a engagé une démarche auprès des députés et sénateurs. Grâce à son réseau territorial, elle multiplie les rendez-vous avec les élus, dont certains se seraient déjà montrés sensibles à ses arguments.
La fédération rappelle son rôle historique dans la reconnaissance du métier : son action a contribué à l’adoption en 2002 de l’article 75 de la loi de modernisation de la santé, qui reconnaît le titre d’ostéopathe. Elle entend rester mobilisée jusqu’aux derniers arbitrages du budget.
Ce que l’on peut faire en tant que patient #
Au cabinet comme ailleurs en Savoie, le premier réflexe est de connaître sa couverture actuelle : nombre de séances prises en charge, montant par séance, plafond annuel. Ces informations figurent dans le tableau de garanties ou l’espace adhérent de la mutuelle.
Le second est de surveiller les avenants envoyés en fin d’année. Les changements de garanties sont annoncés dans ces courriers, et c’est souvent à ce moment que l’on découvre qu’une ligne a changé. En cas de retrait de l’ostéopathie, il peut être utile de comparer avec d’autres contrats avant l’échéance.
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Enfin, l’ostéopathie reste un soin complémentaire : face à une douleur intense, inhabituelle ou accompagnée d’autres signes, l’avis du médecin traitant passe en premier.
Questions fréquentes #
L’ostéopathie va-t-elle être déremboursée en 2027 ?
Rien n’est décidé. La crainte porte sur des contrats de mutuelle recentrés sur les soins remboursés par la Sécu, une piste évoquée par des rapports d’experts mais pas adoptée.
La Sécurité sociale rembourse-t-elle l’ostéopathie ?
Non. La consultation n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie obligatoire, seules les complémentaires santé peuvent la couvrir.
Quand le budget de la Sécu sera-t-il voté ?
Après le rejet à l’Assemblée le 23 octobre, le Sénat examine le texte à partir du 9 novembre. La suite du calendrier dépendra des votes et des choix du gouvernement.
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