Une après-midi à ramasser les feuilles, un samedi à bêcher le potager avant l’hiver ou à repeindre une chambre, et le surlendemain, impossible de se baisser sans grimacer. La question est revenue cette semaine dans la matinale de TF1, où le médecin du sport Jean-Marc Sène répondait à une question simple : pourquoi a-t-on mal 48 heures après le jardinage ou le bricolage ? En novembre, autour du lac du Bourget comme ailleurs, c’est la saison où beaucoup reprennent d’un coup des efforts qu’ils n’ont pas faits depuis des mois.
Ces douleurs n’ont pas toutes la même origine, et elles ne se traitent pas de la même façon. Savoir les distinguer évite à la fois de s’inquiéter pour rien et de laisser traîner ce qui mérite une consultation.
Plan de l'article
Les courbatures : une douleur décalée, et normale #
La courbature a une signature reconnaissable : elle ne se manifeste pas pendant l’effort, mais le lendemain ou le surlendemain. Elle touche les muscles qui ont travaillé de façon inhabituelle, souvent les cuisses, les fessiers, les avant-bras et le haut du dos après une séance de jardinage. Le muscle est sensible au toucher, raide au réveil, puis se dérouille en bougeant.
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Elle apparaît surtout après des mouvements que le corps n’a pas l’habitude de faire, ou qu’il a cessé de faire. Pousser une brouette chargée, s’accroupir des dizaines de fois pour désherber, tenir un taille-haie à bout de bras : ce sont des efforts courts mais intenses, répétés sur plusieurs heures, sans échauffement. Le muscle est sollicité au-delà de ce qu’il connaît, et il le fait savoir après coup.
Rien d’alarmant à cela. Les courbatures s’estompent d’elles-mêmes en quelques jours. Bouger doucement, marcher, s’étirer sans forcer aide à les faire passer plus vite que de rester immobile dans un fauteuil.
Quand ce n’est plus une courbature #
D’autres douleurs se glissent facilement derrière l’étiquette « courbature », alors qu’elles relèvent d’autre chose.
La douleur qui arrive pendant l’effort
Un blocage soudain en soulevant un sac de terreau, une sensation de « coup de poignard » dans le bas du dos en se relevant : ce n’est pas une courbature, c’est souvent une lombalgie aiguë, le fameux tour de reins. La douleur est immédiate, localisée dans le bas du dos, et gêne certains mouvements précis.
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Le réflexe de s’aliter n’est pas le bon. La Haute Autorité de santé rappelle que l’activité physique est le traitement principal de la lombalgie commune, et qu’elle permet aussi d’éviter une récidive. Elle insiste sur un message rassurant : dans 90 % des cas, la lombalgie commune évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines.
La douleur qui ne cède pas
Une courbature qui dure plus d’une semaine, une douleur articulaire au genou ou à l’épaule qui gonfle, une gêne qui s’aggrave au lieu de s’atténuer : ces situations méritent un avis. La HAS liste aussi des signaux d’alerte qui justifient de consulter rapidement un médecin, notamment une douleur qui s’aggrave progressivement, présente au repos et en particulier la nuit, ou l’apparition de troubles neurologiques comme une faiblesse dans les jambes.
Préparer son corps aux travaux d’automne #
On ne demanderait pas à ses jambes de courir un semi-marathon sans entraînement. Le jardinage de saison est pourtant souvent abordé de cette façon : quatre heures d’affilée, le premier jour sec, après des semaines sans effort.
Quelques habitudes changent beaucoup de choses. Commencer par cinq minutes de mise en route, en marchant dans le jardin, en faisant tourner les épaules et en mobilisant doucement le bassin. Fractionner le travail : deux séances d’une heure et demie valent mieux qu’une seule de trois heures. Alterner les tâches pour ne pas solliciter toujours les mêmes muscles, par exemple ratisser un moment puis tailler, puis ranger.
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La posture compte autant que la durée. Pour soulever une charge, on la rapproche du corps et on plie les genoux plutôt que de se pencher en avant jambes tendues. Pour désherber, une genouillère ou un petit tabouret évite de rester plié en deux. Pour tailler une haie haute, un escabeau stable vaut mieux que des bras tendus au-dessus de la tête pendant de longues minutes.
Et le lendemain ?
Le lendemain d’une grosse journée, la tentation est de ne plus bouger. C’est l’inverse qui soulage : une marche tranquille, quelques étirements doux, une douche chaude pour détendre les muscles. Les eaux thermales d’Aix-les-Bains ne sont pas indispensables pour cela, mais la chaleur aide clairement à relâcher une musculature raide.
Le rôle de l’ostéopathe #
Une courbature banale n’a pas besoin de séance : elle passe seule. En revanche, un tour de reins après des travaux, une raideur cervicale qui suit une journée de peinture au plafond ou une douleur de hanche qui revient à chaque séance de jardinage peuvent justifier une consultation. L’ostéopathe évalue la mobilité, cherche ce qui, dans la posture ou les compensations, entretient la gêne, et propose des conseils adaptés à vos activités.
Si l’un des signaux d’alerte décrits plus haut est présent, c’est vers le médecin traitant qu’il faut se tourner en premier. L’objectif reste le même pour tous : profiter de son jardin et de ses projets de bricolage cet hiver, sans que le dos en paie le prix pendant des semaines.
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